Le syndrome brachycéphale

Scientifiquement, le terme de « brachycéphale » désigne les chiens et chats dont la face est « écrasée ». Les représentants les plus connus et les plus rencontrés sont les bouledogues français et anglais, et chez les chats, les persans. Ce morphotype n’est pas totalement naturel: il a été aggravé par une sélection en ce sens depuis des années, car il donne une face sympathique et typée.

De nombreux brachycéphales vivent parfaitement avec cette anatomie caractéristique. Chez d’autres, le type est tel que l’animal en devient gêné et présente des signes cliniques en rapport avec cette conformation: ce sont ces signes qui sont désignés sous le terme de « syndrome brachycéphale ».

Un brachycéphale peut présenter des signes respiratoires, des signes digestifs ou les deux. Depuis quelques années, nous savons que les problèmes respiratoires et digestifs sont liés et que leur prise en charge globale améliore le pronostic même si au début, la dominante clinique n’est que respiratoire.

Un bouledogue ronfle, cela n’a rien d’alarmant. Par contre, le fait qu’il ne puisse pas se promener sans manifester des difficultés respiratoires n’est pas normal. Il est conseillé de consulter lorsque votre animal présente des ronflements majeurs, des difficultés respiratoires après un effort modéré ou lors de chaleur modérée, des vomissements fréquents.

Sur le plan respiratoire, les anomalies initiales sont une sténose ou rétrécissement des narines, un rétrécissement des cavités nasales, un voile du palais (ou palais mou) trop long et trop épais. Il peut également y avoir une langue à la taille impressionnante, des plis pharyngés excessifs. Avec le temps et les efforts inspiratoires, un effondrement ou collapsus du larynx se développe aggravant encore les problèmes respiratoires. La prise en charge est chirurgicale et repose sur l’ouverture des narines et une réduction en longueur et épaisseur du voile du palais. Plus ces corrections sont réalisées tôt, meilleur est le pronostic, notamment avant le collapsus du larynx. La chirurgie permet une bonne qualité de vie dans près de 90% des cas.

chirurgie-syndrome-brachycephale-01Sur le plan digestif, un brachycéphale présente des anomalies oesophagiennes et gastriques, une inflammation, des retards à la vidange de l’estomac… La prise en charge repose sur une endoscopie (introduction d’une caméra dans le tube digestif) qui permet de faire un bilan lésionnel et la réalisation de biopsies permettant de mieux définir le traitement médical.

Ces procédures se réalisent sous anesthésie générale. Elles doivent être réalisées de préférence par une équipe habituée, avec une surveillance permanente et un équipement de réanimation adapté car ce sont souvent des animaux au réveil délicat.

Un brachycéphale peut également présenter des inflammations cutanées liées à des plis cutanés trop importants, notamment sous les yeux. Ces plis doivent faire l’objet de soins locaux quotidiens , soins souvent suffisants pour permettre une vie sans souci. Dans le cas contraire, il est possible de les réduire chirurgicalement.

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